Quand j'étais petit, outre le fait que je n'étais pas grand, mes parents m'obligeaient à aller à l'église. Comme l'abbé qui nous faisait notre éducation religieuse devait se méfier de ses ouailles naissantes et souvent insouciantes, il avait établi une carte de présence à faire tamponner à l'entrée de l'église le jour de la messe dominicale. Chaque mercredi, jour du cours "d'éducation religieuse" il contrôlait notre assiduité, et gare à celui qui n'avait pas le tampon protecteur !

Je devais donc y aller malgré le square d'en face où les "sans dieu" jouaient au foot !

Le seul bénéfice que je tirais de ma présence ennuyée du dimanche matin était que ma mère me donnait la somme astronomique de un franc destiné à servir d'obole à notre Seigneur. Convaincu par mes cours du mercredi que j'étais un chrétien parmi les meilleurs, vu ma fréquentation hebdomadaire assidue vérifiée et tamponnée, je partais toujours en avance à l'église afin de me donner le temps de m'arrêter à la confiserie m'acheter 95 bonbons à un centime l'unité.

Il me restait alors 5 centimes que je déposais sans regret, car c'était mon devoir de catholique, dans le panier d'osier avec napperon brodé de la gentille petite vieille qui passait entre les bancs receuillir, entre autres, le symbole de ma générosité de petit enfant !

messe

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