J'aime voyager. J'aime être tranquille.

Il rentre dans le wagon du Tgv, petite sacoche élégante, pantalon de toile demie saison, blazer foncé sur un ras du cou crême, chaussures noires cirées presque neuves. La classe ! Mon voisin, cet homme élégant de 35/40 ans vient juste de s'assoir en face de moi ! Pour une fois je ne me tape pas comme compagnon de voyage une mégère bavarde glapissante et adepte de l'usage du portable ! Chouette, j'ai de la chance ! Enfin jusqu'à midi...

12 heures, la faim le tenaille, il laisse le journal qu'il lisait, le plie en faisant crisser le papier et ouvre sa sacoche de gentleman. Il en sort deux sandwiches au pâté de campagne bien emballés par une épouse que je devine dévouée et admirative, il décapsule dans le même temps une canette de bière Heineken (rcccckkkkk et phhhhscc) et commence à manger par grandes bouchées voraces et la bouche grande ouverte. Le gentleman a disparu, le gueux dévore à grands "slrrrppp". Quant à moi, je pense "brrrrrr" et me dis "pffff"

Avez vous déjà senti l'odeur d'un pâté dans un lieu clos comme un wagon, fut-il du Tgv ? Bouh, c'est immonde !

Avez vous déjà vu un ribaud jouisseur, lors d'un trajet qui dure plus de trois heures, s'empiffrer dans une odeur pestilentielle sans un regard de commisération pour ses pauvres voisins et regardant avec satisfaction les traces de ses dents sur le sandwich à chaque nouvelle bouchée ? 

Dorénavant, je réfléchirai un peu plus à l'adage qui dit "l'habit ne fait pas le moine". 

SANDWICH2